Semaine Européenne de la Mine
Il
s’agit d’un événement organisé pour clore le programme européen « Mémoires de la
mine et identités culturelles en Europe » piloté par les Communes Européennes du
Var et l'Université de Provence.
Dans ce cadre, un calendrier d’animations a été mis en place en concertation avec la commune de Gardanne qui participait parallèlement à cet événement. Le musée a ainsi proposé au cours de cette semaine une journée de lecture de contes de la mine, une série de visites guidées par les mineurs et une lecture de textes provençaux (par M. Deschamps, membre du comité scientifique) et allemands (par le Centre Franco-Allemand d’Aix-en-Provence).
Tout au long de la Semaine, le musée a accueilli l’exposition issue de la coopération européenne.
Le programme européen
L’action s’est développée du 1er juin 2004 au 31 mai 2005 selon un processus méthodologique en trois étapes, articulé par une série de séminaires organisés dans chaque pays du partenariat, jalonnant la progression de l’action et permettant de faire participer à ces travaux les acteurs culturels de l’entourage régional des coorganisateurs (autres musées, médiathèques, établissements scolaires, associations culturelles...).
Les axes d’étude retenus étaient :
* la Mine et son environnement : géologique (France) ; géographique et paysager (Belgique) ; historique (France) ; urbain et rural (Royaume-Uni) ; économique (Hongrie) ; social (Luxembourg) ;
* la Mine à travers : les contes et la littérature populaires (France) ; les traditions et la transmission des savoirs (Hongrie) ; l’intégration des communautés (Luxembourg) ;
* la place et le rôle de la femme dans la culture et l’organisation sociale de la Mine (Royaume-Uni et Roumanie).
Les actions se sont déroulées de la manière suivante :
1) «échanges et mise en commun» (séminaire de Bath au mois de juin, de Bucarest au mois de septembre et d’Aix en Provence au mois d’octobre 2004) :
- identification et collecte des travaux publiés et des exemples de bonne pratique ; sélection et organisation de la documentation réunie.
2) «conception des produits de la coopération» (séminaire de Luxembourg au mois de janvier et de Sopron au mois de mars 2005) :
- définition des contenus, rédaction et traduction des textes de vulgarisation et de présentation de la mise en commun ;
3) «diffusion des résultats» (Semaine européenne de la Mine et séminaire de Charleroi en mai 2005) :
- une exposition commune de vulgarisation présentée simultanément dans les six pays coorganisateurs lors de la première «Semaine européenne de la Mine» du 8 au 15 mai 2005, et dont les exemplaires circulent depuis à l’initiative de chaque partenaire ;
- une plaquette éditée par chaque partenaire et présentant les produits de la coopération ;
- un site Web pour l’accès public des résultats de l’opération ;
- un film au format DVD sur l’objet de la coopération et les illustrations les plus significatives pour la valorisation des cultures patrimoniales minières européennes.
L’action visait à favoriser :
- l’identification d’un patrimoine spécifique commun participant à l’effort d’intégration communautaire dans l’Union comme dans les pays candidats ;
- l’amélioration de la connaissance mutuelle des témoignages matériels et immatériels miniers favorisant leur sauvegarde et leur mise en valeur ;
- la reconnaissance réciproque par les citoyens européens de racines identitaires constituant leur héritage culturel et social collectif.
Ces effets escomptés se sont vérifiés dans la zone d’influence des différents partenaires et devraient se confirmer avec la circulation de l’exposition. Ils se complètent par l’établissement de liens avec d’autres actions Culture 2000 et par le développement de nouveaux projets de coopération.
Les acquis de la mutualisation des savoirs et des pratiques sont transmis aux spécialistes via :
- une banque de données, base commune d’approche didactique et de recherche, sur le site Internet reliant des organismes partenaires ;
- la restitution des conclusions aux acteurs culturels et aux chercheurs lors de colloques auxquels participent les responsables des organismes du partenariat ;
- les interventions dans les séminaires de formations à l’intention des professionnels de la culture et des élus locaux.
Exposition « Mémoires de la Mine & identités culturelles en Europe »
L’exposition a été le sujet principal du séminaire de Luxembourg. Sa conception représentait une véritable gageure en posant le dilemme du choix entre le « deuil » obligatoire de données documentaires et iconographiques patiemment réunies, et la nécessité d’une présentation concise sur un nombre limité de panneaux. Au bout du compte, elle a été finalisée lors du séminaire de Sopron, en conformité avec l’échéancier prévu.
L’iconographie a été privilégiée afin de garantir une attractivité certaine pour un public non initié. Un grand respect de la vision européenne du sujet a présidé au choix des illustrations et des références scientifiques. Les textes, volontairement limités à un volume de deux à trois cents mots, ont fait l’objet d’un soin particulier pour leur élaboration. La compétence du Bureau de Recherche Géologique et Minière a été largement sollicitée pour les parties explicatives sur la constitution, l’exploitation et l’abandon des gisements. La complémentarité pluridisciplinaire des partenaires s’est révélée précieuse pour assurer un panorama complet des différents thèmes représentés.
Semaine Européenne de la Mine
Les dates de la Semaine européenne de la Mine ont été définitivement arrêtées à la période du 8 au 15 mai 2005 lors du séminaire d’Aix-en-Provence. Ce choix répondait au souci d’ajouter à la restitution publique des résultats les références au 50ème Anniversaire de la Paix en Europe , à la Commémoration de la déclaration Schuman fondant la CECA et à l’anniversaire du 5ème élargissement de l’Union, en hommage au partenaire hongrois et en souhait de bienvenue au futur Etat membre du partenaire roumain.
Il était prévu que cet premier évènement du genre se tienne simultanément dans chaque pays initialement concerné par la coopération suivant un schéma de programme commun. Il était en particulier recommandé d’intégrer des manifestations à l’intention des professionnels, du grand public et des scolaires afin de toucher les différentes catégories visées.
Ces objectifs ont été dépassés malgré la défection enregistrée après le Séminaire du Luxembourg. La Semaine européenne de la Mine s’est déroulée à partir du 8 mai sur neuf sites dont, cinq en Provence Alpes Côte d’Azur, un à la frontière franco-luxembourgeoise, un en Angleterre, un en Hongrie et un en Roumanie.
Cette simultanéité a été relevée, ainsi qu’il était souhaité, par la Presse qui n’a pas manqué de signaler le fait selon ses propres formulations :
- « En Belgique, c’est au Bois du Cazier que l’Europe se souvient des mineurs » (La Nouvelle Gazette, 10/05/05) ;
- « Le travail des mineurs a créé une mémoire dépassant les frontières. L’Europe veut mettre en lumière cet héritage » (Le Soir, 10/05/05) ;
- « Des histoires de mineurs à l’échelle européenne… La Semaine européenne de la Mine est organisée à Gardanne et dans cinq pays européens » (La Provence, 9/05/05) ;
- « Qu’ils viennent de Belgique, d’Angleterre ou de Gréasque, les mineurs ont apporté un témoignage semblable » (La Provence, 14/05/05) ;
- « Exhibition honour area’s mining past » (Somerset Guardian, 5/05/05) ;
- « Somerset Coalfield central to European Mines’ exhibition » (presse locale, 12/05/05), par exemple.
En Angleterre
L’exposition a été ouverte le 7 mai au Radstock Museum pour une durée de trois mois durant laquelle ont été programmées de nombreuses animations, en direction du grand public, du milieu familial des mineurs, des enfants et des scientifiques.
Le Musée a accueilli plusieurs tables rondes auxquelles participaient des mineurs et des responsables politiques tandis que des conférences ont été organisées dans différentes communes du bassin charbonnier du Somerset, sur la mine ou sur des sujets liés à la mine, ainsi que des enquêtes faites par les écoliers sur la mémoire de leur village.
Ces activités ont été accompagnées et illustrées par la représentation d’une pièce de théâtre, la diffusion de films documentaire, la projection du long métrage Les Virtuoses, et la restitution des travaux de collecte sur les témoignages des anciens mineurs réalisés dans le cadre de missions scientifiques.
A coté de ces manifestations publiques, des réunions « privées » entre anciens mineurs et descendants de mineurs ont mis l’accent sur l’articulation entre mémoire régionale et mémoire européenne. Un film a également été produit.
La Presse a donné un bon écho à l’évènement (9 articles en tout) et la brochure éditée pour l’occasion a rencontré un bon succès auprès du public. Malgré quelques remarques critiques sur des maladresses de traduction, dues en quasi-totalité à des coquilles d’impression, l’exposition a été très appréciée par les professionnels et les mineurs, contribuant ainsi à une meilleure ouverture locale vers l’Europe.
En Belgique
A Charleroi, Le Bois du Cazier a inauguré l’exposition le 9 mai, en présence de Mme. Véronique De Keyser, Membre du Parlement européen. Le public a pu la visiter jusqu’au 25 mai et bénéficier largement des activités mises en place : animations sur la base des contes et légendes des mines et visites nocturnes du site, par exemple.
Le fort investissement consacré à la diffusion de l’information et à la publicité a été récompensé par de nombreux échos dans la presse locale ou nationale, tant écrite (Le Soir, La Dernière Heure, La Nouvelle Gazette) que télévisuelle (RTBF) ou radio. Les thèmes repris généralement dans ces articles mettaient en valeur l’intérêt européen et le caractère exemplaire du projet ainsi que la prise de conscience du patrimoine historique et humain révélé au public.
Le coorganisateur a opportunément saisi l’occasion de lier l’exposition commune sur la Mémoire de la Mine en Europe avec le souvenir affectif attaché au lieu particulier du Bois du Cazier, en incluant dans les animations connexes l’inauguration d’une nouvelle salle muséographique dédiée aux lampes des mineurs.
Cette mise en perspective a facilité l’enracinement du projet européen dans l’héritage culturel local, mais, ainsi que l’a remarqué la presse, elle a également permis de commencer à prendre quelque distance avec la prégnance de la commémoration du 8 août 1956.
En France
A l’initiative de M. Luciano Pagliarini, Président de l’association AHI, la Ville de Hussigny-Godbrange, en Meurthe et Moselle, a accueilli du 8 au 15 mai une exposition prêtée par le Chef de file.
En Provence Alpes Côte d’Azur, la Semaine européenne de la Mine s’est tenue sur cinq sites historiques de la diversité minière régionale : à Gardanne et Gréasque (charbon), dans les Bouches du Rhône, à Tourves (bauxite), au Pradet (cuivre) et à La Londe les Maures (plomb argentifère), dans le Var.
Celle-ci a vu se dérouler une série d’activités couvrant tout l’éventail des publics visés par des conférences de spécialistes de l’énergie, des ateliers scolaires, des journées-contes, des visites-promenades sur les sites d’exploitation, des présentations de films (dont notamment un film roumain sur la mine d’or de Rosia Montana), et s’est conclue par le « Printemps du Musée », organisé par la Mine-Musée du Cap Garonne (Le Pradet) où quelque 350 à 400 personnes ont visité l’exposition.
Le point d’orgue, et le moment le plus émouvant de la Semaine, a été la rencontre « Paroles de Mineurs », organisée conjointement par l’Université de Provence et la Ville de Gardanne, à laquelle participaient deux anciens mineurs Belges et deux anciens mineurs Britanniques, invités par la coopération à échanger leurs souvenirs avec les anciens mineurs provençaux en présence du public et des élus. Ce temps fort a été intégralement filmé (il se retrouve sur le DVD) et il enrichit maintenant le fonds documentaire municipal.
Lors de cette soirée, le meilleur témoignage des résultats de l’action Mémoires de la Mine et identités culturelles en Europe a été donné par un représentant politique reconnaissant, dans un mouvement de franchise, que c’est en entendant s’exprimer la similitude des vécus que l’on comprend les valeurs de la construction européenne.
L’exposition prêtée par le Chef de file a été présentée jusqu’à la fin mai dans la Médiathèque de Gardanne. Les autres structures en possèdent un exemplaire en propre. La Ville de La Londe les Maures expose le sien dans sa Maison du Patrimoine durant tout l’été. Le Pôle Historique Minier, à Gréasque, le conserve en exposition permanente. La Mine-Musée du Cap Garonne rééditera la présentation en novembre, à l’occasion de sa Journée de la Minéralogie.
La Presse régionale a rendu compte de ces manifestations (articles dans La Provence, La Marseillaise, Var Matin ; reportages de Radio France Provence, RTL, Radio Ste Baume) sans toujours savoir faire le lien entre elles, alors qu’elle les mettait pourtant chacune en perspective avec l’évènement à l’échelle européenne. L’une des raisons se trouve dans les frontières départementales qui rejaillissent sur les zones de diffusion des quotidiens, en dépit des efforts de communication et d’accueil des partenaires locaux. Une autre résulte de l’image traditionnelle de la Provence qui associe difficilement le soleil et le ciel bleu avec le charbon et l’acier, malgré la réalité du passé et du présent industriels de la région.
Heureusement, l’aspect touristique des sites assure une fréquentation importante et on peut raisonnablement estimer à plusieurs milliers le nombre de personnes qui auront visité l’exposition du 8 mai au 1er septembre 2 005.
En Hongrie
La Semaine européenne de la Mine a été inaugurée le 9 mai dans le Hall des Expositions de Budapest en présence d’un grand nombre de personnalités dont les représentants du Ministère de la Culture.
Une série de conférences de haut niveau ont été données du 10 au 13 mai par des universitaires et des experts, dont le représentant français de l’action Europamines. Le film réalisé sur Cdrom témoigne d’une bonne fréquentation des évènements et conserve le souvenir de l’ensemble de la manifestation.
Comme en Roumanie, une mise en valeur de l’identité européenne est à souligner et, comme dans les autres pays du partenariat, le dossier de presse commun du projet a été bien utilisé dans la communication envers la Presse.
Comme en Belgique, une mention particulière a été faite au rappel de la création de la CECA, ce qui confirme le même attachement des responsables hongrois aux principes fondateurs de la construction européenne.
Pour des raisons de moyens financiers et aussi de délais (et de coûts) rédhibitoires de transport, l’exposition a dû être réalisée directement par le partenaire hongrois sur la base des mêmes textes et iconographies choisis en commun.
Ainsi qu’il a déjà été signalé, les actes des conférences ont été enregistrés en vue de leur publication tandis qu’une réédition de l’exposition se tient en juillet à Pecz.
En Roumanie
Le Musée National des Techniques de Bucarest a accueilli la Semaine européenne de la Mine du 8 au 15 mai. La manifestation a bénéficié du soutien de la Société Electrica, et son inauguration, honorée de la présence de nombreuses personnalités scientifiques, s’est déroulée dans une ambiance festive, familiale et populaire.
Les allocutions ont particulièrement mis l’accent sur le caractère européen de la coopération et les apports des politiques de l’Union en soulignant l’importance du programme Culture 2000 pour la valorisation patrimoniale. Ces aspects ont été notamment relayés par la presse et confirmés par la participation d’intervenants de haut niveau lors des conférences journalières comme en témoigne le film DVD réalisé par l’Institut d’Ethnographie et de Folklore.
Le programme, soutenu par l’abondant catalogue édité, incluait également plusieurs visites guidées de l’exposition à l’intention des lycées ainsi qu’une visite à l’ancienne mine sel de Slaniç, aujourd’hui reconvertie en centre de cure médicale et en destination touristique.
Une mention particulière doit être faite sur la très bonne valorisation des moyens utilisés pour présenter les panneaux de l’exposition commune et leur riche accompagnement par les matériels archéologiques et techniques préservés, retraçant deux mille ans d’histoire minière.
La prochaine présentation de l’exposition à Slaniç et auprès des mineurs de charbon, prouve l’intérêt que lui portent les professionnels des Musées et du monde minier roumains.