Exposition interactive

en trois actes

avec promenades virtuelles

pour redécouvrir la montagne chère à Cézanne

Pour plus d'information, rendez-vous sur le site du Grand Site Sainte-Victoire

 

 

SOMMAIRE

 

 Labellisée par la mission Cézanne,

 coproduite par le Muséum d’Histoire Naturelle et le Grand Site Sainte-Victoire,

 une exposition en trois actes.

 

ACTE I : LA MONTAGNE SE DEVOILE

La vague de pierre

Regards croisés

Le décor minéral

Les composantes minérales

Brèches, calcaires, sables et argiles

Le cortège végétal

Les pelouses sèches naturelles, les garrigues, les forêts, les falaises, les landes de crête.

La force de la nature

La zoochorie, l'incendie : une catastrophe écologique ?

L’occupation humaine

L’occupation originelle -> l’exploitation maximale -> aujourd’hui

La gestion volontariste

 

ACTE II : LA MONTAGNE SE DECOUVRE

Les Parcours de découverte

Les crêtes, la face Nord, la face Sud

 

ACTE III : LA MONTAGNE SE TRANSFORME

A l’époque de Cézanne, de la déprise agricole à l’emprise résidentielle, les sites à enjeux paysagers

 

 

Dans sa version itinérante, l’exposition sera présentée à partir du 10 octobre 2007

au musée de la mine de Gréasque.

 

EDITORIAL

« Sainte-Victoire n’est pas figée : millimètre par millimètre, elle continue à croître, malgré son apparente immobilité ; la forêt avance en dépit des incendies, tandis que les espaces agricoles se réduisent sans cesse.

La montagne immortalisée par Cézanne a donc beaucoup changé : les crêtes se sont reboisées, la forêt de la face nord s’est développée et sur le piémont sud, les maisons, les routes et les lignes électriques ont progressivement modifié les campagnes peintes par Cézanne.

Cette exposition propose un regard différent sur la montagne : elle associe une approche scientifique, fruit des connaissances apportées par le Muséum d’histoire naturelle d’Aix, et dans une démarche complémentaire, l’approche du gestionnaire, le Grand Site Sainte-Victoire : mieux connaître la montagne pour mieux la préserver.

Cette exposition présente cette vision croisée afin de vous faire découvrir ce site célèbre dans le respect de sa nature ».

 

Les commissaires de l’exposition

Gilles CHEYLAN & Philippe MAIGNE

 

L’exposition « Paysages cézanniens » porte un regard original sur l’un des sujets de prédilection de l’artiste, la montagne Sainte Victoire. Cézanne a réalisé une quarantaine de tableaux de Sainte Victoire vue depuis les sentiers de la campagne aixoise. Elle représente désormais une image forte et un élément identitaire pour la région.

 

" J'ai besoin de connaître la géologie. Comment Sainte Victoire s'enracine. "

Lettre de Cézanne à Gasquet

Lorsqu'on visite pour la première fois la région aixoise, Sainte Victoire apparaît d'emblée comme un relief majeur, massif et imposant. Culminant à 1011 mètres d'altitude, elle domine largement le reste du paysage.

Vue du Sud, sa masse minérale surplombe par ses abrupts vertigineux toute la vallée de l'Arc et témoigne de son histoire géologique mouvementée. Son flanc nord en revanche, descend en pente douce jusqu'à Vauvenargues et se couvre d'une végétation riche et variée. Les espèces végétales et animales se succèdent graduellement en fonction de l'altitude, depuis la vallée de Vauvenargues jusqu'aux crêtes.

Sainte Victoire, par son relief, sa faune et sa flore mérite véritablement son titre de montagne.

 

ACTE I : LA MONTAGNE SE DÉVOILE

D’où que l’on vienne, Sainte-Victoire domine le paysage aixois de son imposante silhouette qui a inspiré les peintres.

Telle une gigantesque vague de pierre, sa masse blanche écrase la campagne alentour. De ses profondeurs proviennent les eaux thermales sans doute à l’origine d’Aix et les pierres qui servirent à l’édification de la ville. La forêt qui la recouvre assurait les besoins domestiques de la cité ; les troupeaux qui y pâturaient fournissaient viandes et laitages à ses habitants.

L’empreinte de l’homme, prépondérante depuis des millénaires, n’est pourtant pas indélébile : depuis longtemps, la forêt est partie à la reconquête des espaces que les agriculteurs, les bûcherons et les bergers ont abandonnés.

 

La vague de pierre

La montagne Sainte Victoire parait comme une gigantesque vague de pierre qui se serait figée. Depuis la vallée de l'Arc, ses hautes falaises barrent l'horizon et semblent s'avancer, prêtes à tout engloutir. Du nord, de la vallée de Vauvenargues, qui avec ses pentes douces figure le dos de la vague, la montagne semble s'éloigner vers le sud. Enfin, c'est depuis le plateau de Bibémus, au couchant, que la forme triangulaire caractéristique de Sainte-Victoire s'apparente le plus à une vague. »

Regards croisés : vision scientifique et artistique

Mutations des sites cézanniens vues par l'Observatoire Photographique du Paysage

 

Ste Victoire au grand pin, The Philips collection, 1886-1887

Dans les années 1900, la campagne aixoise est déjà marquée par la route des Milles et le viaduc du chemin de fer qui conduit à Marseille. L’essentiel du paysage reste agricole, mais un siècle plus tard, les maisons ont complètement envahi l’espace.

Gilles Cheylan

 

Cézanne, dès la fin des années 1870, veut « faire de l’impressionnisme un art solide et durable comme celui des musées » mêlant intimement l’expérience impressionniste acquise aux côtés de Pissarro (palette éclaircie et petites touches juxtaposées) et la référence au classicisme de Nicolas Poussin au XVIIe siècle. Les paysages de la vallée de l’Arc en perspective de Sainte-Victoire traduit cette double ambition.

Bruno Ély

La montagne Ste Victoire, Musée du Louvre, 1900-1902

 

Le cône minéral de la montagne Sainte-Victoire semble immuable depuis l’époque de Cézanne. Le massif de calcaire est toujours aussi nu : la végétation ne l’a pas recouvert, les maisons ne l’ont pas altéré.

G.C.

 

L’aquarelle est un laboratoire secret dans lequel Cézanne expérimente avec exigence et virtuosité la luminosité et la transparence des couleurs jouant avec la blancheur du papier. Sa fidélité au modèle, respect de la ligne et du dessin de la montagne, sa nécessité de se trouver face au motif, servent une vision transcendante, une transfiguration de cette Sainte-Victoire qui lui appartient désormais.

B.E.

Ste Victoire vue des Lauves, Atkins museum of art, 1902-1906

 

Alors que la campagne aixoise a peu changé durant les trente années qui ont suivi la mort de Cézanne, les photographies récentes sont éloquentes : partout, les immeubles ont poussé sur les terres agricoles, conséquence de la croissance très rapide de la ville après la seconde guerre mondiale.

G.C.

 

A la fin de sa vie, Cézanne se fait construire son dernier atelier sur la chemin des Lauves, au nord d’Aix-en-Provence. De là, il peut atteindre le sommet de la colline et découvrir le panorama si particulier de la montagne Sainte-Victoire dans sa forme triangulaire, simplifiée et puissante. En travaillant par zones, par taches colorées, sur la totalité du tableau, il atteint à une vision synthétique, qui, paradoxalement, fragmente la surface de la toile pour mieux en signifier l’unité formelle et chromatique.

B.E.

Ste Victoire vue de Bibémus, The Baltimore museum of art, vers 1897

L’exploitation des carrières de Bibémus a cessé au moment où Cézanne les a peintes. Progressivement, la forêt a repris ses droits, au point qu’aujourd’hui, la montagne Sainte-Victoire et les fronts de taille dans la molasse sont moins visibles.

G.C.

 

Cézanne, qui n’a jamais peint sa ville natale, a peint les fondations, la ville en creux, en peignant les carrières de Bibémus puisque chaque bloc de pierre qui en fut extrait a servi à construire Aix-en-Provence. La magnifique roche ocre sert de socle naturel, comme un présentoir marqué par les inclinaisons des fronts de taille, à la montagne qui émerge bleutée et majestueuse.

B.E.

La montagne Ste Victoire au dessus de la route du Tholonet vers 1904,

The Cleveland Museum of art

 

La petite route du Tholonet, qui serpente entre Aix et la montagne Sainte-Victoire, n’était qu’un chemin de terre inondé de soleil au début du XXème siècle. Un siècle après la mort de l’artiste, la route a été goudronnée, les pins bordent ses accotements et masquent presque entièrement la montagne.

G.C.

 

Dans ce tableau, le peintre atteint « le but tant recherché » pour reprendre ses propres paroles. Il affirme la synthèse de la forme et des couleurs. L’arbre au bord de la route, le grand pin, est devenu une forme sphérique. Les taches de couleur fragmentent la totalité de la surface de la toile. Cézanne éprouve le besoin de cerner les silhouettes de la montagne et de l’arbre pour conserver encore à son tableau un sens figuratif. Cézanne, synthétique, ouvre les portes de l’abstraction.

B.E.

Le décor minéral

 

Dès le premier regard, Sainte-Victoire apparaît comme un relief majeur, massif et imposant. Culminant à 1011 mètres d’altitude, elle domine largement le reste du paysage qui s’étale 800 mètres plus bas.

Vue du Sud, sa masse minérale surplombe de ses abrupts vertigineux toute la vallée de l'Arc et témoigne de son histoire géologique mouvementée. En revanche, son flanc nord descend en pente douce jusqu'à Vauvenargues et se couvre d'une végétation riche et variée. Sainte-Victoire, par son relief, sa faune et sa flore mérite véritablement son titre de montagne.

 

Les composantes minérales

 

Le sous-sol aixois est constitué de roches sédimentaires, c'est-à-dire formées à la surface de la Terre, généralement par l’accumulation de coquilles d’animaux morts au fond des mers, des lacs ou des rivières. Ce sont les calcaires qui constituent la partie la plus visible du relief de Sainte-Victoire.

Mais on peut aussi observer des brèches, des grès ou des argiles, qui se forment à partir des débris, plus ou moins gros, de roches plus anciennes détruites par l'érosion.

Les brèches

Elles résultent de l’agglomération de blocs de tailles, de formes et de couleurs variées. Ces éléments présentent des angles parfois vifs, ce qui signifie qu’ils n’ont pas été transportés sur de grandes distances. On peut donc imaginer un relief qui se détruit lentement sous l’effet de l’érosion : les blocs se détachent du sommet et s’accumulent au pied des pentes en formant des éboulis. Des éléments plus petits comblent les interstices, puis du calcaire apporté par les eaux de ruissellement se dépose et

cimente l’ensemble.

 

Les calcaires

Ils se forment dans les mers, lacs ou marécages, par l’accumulation de débris, squelettes ou coquilles de microorganismes enfouis dans la vase. Plus la concentration de ces débris est importante, plus la roche qui en résulte est solide. Ainsi, les calcaires qui constituent les falaises de Sainte-Victoire se sont formés dans une mer chaude et peu profonde, foisonnante de vie. C’est pourquoi ils sont durs et massifs. Moins vulnérables à l’érosion, ils forment des reliefs abrupts.

 

Les sables et argiles

Ils proviennent de la destruction de roches cristallines, comme le granit . Les cristaux les plus durs se cassent en grains constituant le sable, alors que les plus fragiles se décomposent complètement en donnant un nouveau minéral : l’argile.

Sables et argiles sont ensuite transportés par les cours d’eau et se déposent dans les dépressions. Ils forment alors des roches tendres que l’érosion creuse facilement, créant ainsi de profondes vallées.

Suivant les minéraux qu’elles contiennent et les conditions dans lesquelles elles se sont déposées, ces roches présentent des couleurs très variées ».

Le massif Sainte-Victoire, entièrement constitué de roches sédimentaires est le résultat de plusieurs phénomènes tectoniques majeurs (plissements). Les roches sédimentaires se forment par l’accumulation de boue, vase ou sable au fond des océans, des lacs et des rivières; en durcissant, cette matière donne les calcaires, les argiles ou les grès.

 

Le cortège végétal

 

Les diverses formations végétales du massif jouent un rôle majeur dans la perception du paysage tandis qu’elles structurent des habitats pour la faune et la flore sauvages. Pour autant, ce ne sont pas des ensembles figés. En effet, la végétation évolue sans cesse dans le temps à travers un destin naturel ou bien influencé par l’homme. Ce dernier cas de figure est d’ailleurs fortement représenté en zone méditerranéenne. Ainsi, de nombreux facteurs naturels mais aussi anthropiques viennent influencer la dynamique de cette végétation pour qu’à son tour cette dernière modifie et structure de nouveaux

paysages. Ces facteurs sont appelés par les scientifiques des « perturbations écologiques ».

 

Les pelouses sèches naturelles

Elles correspondent globalement aux parcours de pâturage et sont donc étroitement liées à la présence actuelle ou passée proche de troupeaux (Citadelle, Puits d’Auzon, crêtes de Sainte-Victoire, Roques Hautes…).

Plus ou moins dense selon l’épaisseur des sols, la pelouse se couvre de jolies fleurs colorées au printemps : corolles violettes, iris jaunes, aphyllantes bleues, bruyères roses…

D’autres plantes, comme les orchidées sauvages, occupent les lieux avec plus ou moins de discrétion.

Espace de soleil et de chaleur, les pelouses sont le terrain de chasse de nombreux reptiles comme la couleuvre de Montpellier ou le lézard des sables qui eux-mêmes sont les proies privilégiées du Circaète Jean-le-Blanc.

 

Les garrigues

Formation pionnière typique de Provence, elles marquent les secteurs de colline exposés, à sol généralement superficiel ou ayant subi une dégradation comme un incendie (face sud, plateau du Cengle, Roques Hautes…). D’apparence uniforme, elle recèle de nombreuses richesses. Dès janvier, les délicates fleurs de romarin et du thym embaument les lieux. Au printemps, c’est une véritable explosion de couleurs avec les cistes cotonneux, les fleurs de l’ajonc et du genêt, sans oublier la lavande.

La garrigue est le refuge d’oiseaux (perdrix, fauvettes, traquets…) et de nombreux insectes.

 

Les forêts

Actuellement, elles présentent de beaux peuplements dans les lieux frais, plus humides et aux sols plus profonds (face nord, fonds de vallon…).

Marquée par une croissance lente, la forêt de chênes verts et blancs est capable de se régénérer par rejets autour d’anciennes souches, ce qui est un atout après un incendie. Les ambiances forestières, rares milieux méditerranéens frais, servent de refuge à de nouvelles espèces, certaines communes comme le geai et le sanglier, d’autres plus discrètes comme la genette ou l’autour des palombes. Les larves du Lucane et du grand capricorne profitent des vieilles branches pour se développer et les chauves-souris s’abritent dans les cavités des vieux troncs.

 

Les falaises

Les roches calcaires dures entraînent la présence de falaises et de rochers hébergeant un cortège floristique et faunistique très typé . D’apparence pauvres, les milieux rupestres méditerranéens abritent

toutefois des espèces animales à statut patrimonial fort, de plus en plus menacées par les activités

humaines de loisir, comme la pratique de l’escalade qui génèrent un important dérangement de la vie

sauvage.

Les landes de crêtes

Les crêtes élevées sont le support d’un habitat original qui dépend largement des conditions climatiques rudes et contrastées qui règnent au sommet (fortes expositions et grands écarts de température) associées à une pression de pâturage pluri-séculaire. Elles hébergent des espèces végétales adaptées à tous ces facteurs qui présentent notamment un port en boule dit en « coussinet ».

Elles sont aussi le lieu de reproduction et de nourrissage de nombreuses espèces animales patrimoniales, comme l’Aigle royal (Aquila chrysaetos) ou l’Aigle de Bonelli (Hieraaetus fasciatus).

 

La force de la nature

 

La nature est sans cesse mise à mal. Ainsi, si la vie sauvage subit les aléas naturels (sécheresse, vents, neiges exceptionnelles, érosion et instabilité des sols…), elle doit aussi faire face à de nombreux facteurs humains, parfois destructeurs comme l’urbanisation. Heureusement, tant que les perturbations écologiques restent mineures, la végétation dispose de nombreux systèmes pour assurer sa régénération et cicatriser le paysage, aidée des animaux qui jouent un rôle clé pour la reproduction et la dispersion des plantes. Cette dynamique de reconquête, très complexe, fait l’objet de recherches scientifiques ayant permis une grande avancée des connaissances. Le cas de l’incendie, perturbation écologique majeure des écosystèmes méditerranéens, est aujourd’hui mieux connu.

 

La zoochorie

Les animaux transportent, sur des distances variées en fonction des groupes considérés, les fruits ou les graines de nombreuses espèces végétales. Le transport peut être :

- passif : le fruit s’accroche au pelage (exochorie) ou bien est ingéré puis rejeté ensuite dans les déjections (endochorie) ;

- actif : par les fourmis (myrmécochorie) ou les oiseaux (ornithochorie) occupés à faire des réserves de nourriture.

L’incendie : une catastrophe écologique ?

À ce jour, la communauté scientifique estime que les incendies représentent à la fois une perturbation majeure des écosystèmes mais aussi un facteur d'organisation des paysages méditerranéens.

Étroitement liés à aux pratiques ancestrales de culture et d’élevage (système dit agro-sylvo-pastoral), ils ont façonné la végétation méditerranéenne et donc provençale. Ils ne doivent pas être systématiquement perçus comme des catastrophes écologiques car ils représentent un facteur caractéristique d’une région méditerranéenne où la végétation reste indiscutablement marquée de son empreinte et très bien adaptée à son passage.

 

L’occupation humaine

 

La pression humaine a, depuis toujours, une grande incidence sur les paysages qu’elle entraîne dans de profondes mutations. La nature méditerranéenne, et par conséquent les paysages typiques des collines provençales, résulte de l’intervention de l’homme, notamment à travers l’usage pluri-millénaire du feu, le pâturage et l’urbanisation.

Le parcours proposé ici présente l’évolution du rapport entre l’homme et la gestion de son environnement en prenant comme thème fort la forêt. Trois vitrines- maquettes illustrent la mutation de ce paysage à plusieurs époques :

L’occupation originelle : le Néolithique

Aux environs de 6500 ans apparaissent les villages, premières implantations humaines durables. Ces installations permanentes des groupes humains rendues nécessaires par l’émergence de nouvelles formes économiques, comme l’élevage et l’agriculture, amènent les premières modifications significatives du paysage.

Préalablement à l’établissement d’un village, une éclaircie de l’espace par le feu permet de dégager de grandes clairières ; seuls subsistent les arbres les plus grands dont l’abattage n’est pas une nécessité au vu des efforts demandés.

 

L’exploitation maximale : le XIXème siècle

Depuis l’époque romaine, le paysage a été largement ouvert par de grandes coupes offrant ainsi un meilleur accès aux ressources tant forestières que souterraines. La fin du XVIIIème siècle et le début du XIXème représentent l’apogée de cette extension spatiale, tant du point de vue démographique que par la pression économique.

Les plus grands arbres, derniers vestiges de cette forêt originelle, sont abattus pour les chantiers de marine. Le surpâturage laisse la roche mise à nue et entraîne une intense érosion qui ne laisse qu’une place limitée à la végétation.

 

Aujourd’hui

Le déclin de l’occupation et des activités rurales s’accompagne d’un reboisement naturel du massif. Les forêts sont jeunes et plus vulnérables aux incendies.

Le développement des loisirs et du tourisme impose une gestion des milieux naturels où l’esthétique rejoint l’exploitation économique encore présente (filière bois, vignes et cultures).

La nature devient un atout que l’on préserve et entretient (gestion de la biodiversité, protection des paysages). Elle est en certains lieux « aménagée » pour s’adapter aux exigences des visiteurs avec la création de réseaux de sentiers et de points d’accueil.

 

La gestion volontariste

 

Gouvernance, développement durable, concertation…le volontarisme réside dans l’intégration des facteurs environnementaux, sociaux et économiques, il associe tous les acteurs concernés à la préparation et à la réalisation des actions.

Les travaux forestiers, nécessaires à la prévention des incendies, font l’objet d’un étroit partenariat avec les agriculteurs et les chasseurs locaux, pour entretenir les zones ouvertes, avec les bergers pour organiser le pâturage en forêt, sans jamais oublier le consentement des propriétaires.

La création et l’entretien des sentiers balisés, plus de 200 Km sur Sainte-Victoire, résultent d’une attentive collaboration entre bénévoles associatifs, randonneurs et grimpeurs, et autorités publiques : les aménagements discrets assurent la sécurité des usagers et préservent le milieu naturel d’une sur fréquentation dévastatrice.

 

ACTE II : LA MONTAGNE SE DÉCOUVRE

 

Pénétrez dans la montagne, immiscez vous dans le paysage et ses décors en parcourant les sentiers de randonnée pédestre. Trois itinéraires ou balades virtuelles, véritables parcours d’interprétation, permettent de découvrir trois écosystèmes bien distincts qu’il est possible de rencontrer sur la montagne Sainte- Victoire et ses environs. Dans la peau d’un naturaliste, vous randonnez et vous découvrez les paysages ainsi que la flore et la faune des crêtes du Pic des Mouches, de la forêt de la montagne des Ubacs et des garrigues des Costes Chaude et du refuge Cézanne. Soyez attentifs car la nature sait se faire discrète et ne se dévoile qu’à un oeil alerte et un brin curieux !

 

Parcours de découverte

Dans un registre que l’on peut qualifier de parcours d’interprétation, il s’agit de proposer une découverte de la montagne au travers de trois itinéraires qui donnent à voir les éléments remarquables du paysage de Sainte Victoire : les reliefs, les vues, les espèces animales ou végétales, les empreintes de l’occupation humaine…

Le visiteur découvre une installation interactive qui propose d’arpenter Sainte Victoire pour appréhender les éléments du paysage.

Trois consoles proposent trois itinéraires très contrastés mais représentatifs des facettes de la montagne : les crêtes, la face Nord et la face Sud.

Par une interface facile à manipuler, le visiteur accède à un menu simple qui le guide sur les chemins d’une visite commentée.

Conçu dans un esprit proche des centres d’interprétation, le parcours ne tombe pas dans la carte postale touristique mais privilégie une découverte pédagogique de l’itinéraire et de ses données naturelles : roches, plantes…, de ses traces patrimoniale : vestiges, bâtiment,… et de ses vues paysagères.

Une véritable promenade.

 

Trois itinéraires de découverte

Les crêtes

Les promeneurs courageux qui parviennent sur les crêtes du massif sont largement récompensés. Le paysage végétal des sommets ainsi que les panoramas sont d’une grande beauté mais aussi d’une grande originalité. Les conditions écologiques locales (fortes amplitudes climatiques, forte luminosité, vents fréquents) y sont déterminantes. On y observe ainsi des « landes en coussinet » dominées par une plante propre à la Provence, le Genêt de Lobel (Genista lobelii). Cette espèce se présente en coussinet épineux, résistant ainsi aux contraintes climatiques et au pâturage.

A l’ombre de la forêt

Plongez au coeur d’une forêt provençale en face nord du massif de la montagne des Ubacs. Cette dernière est largement dominée par des arbres à feuilles caduques : chênes pubescents, érables, tandis que le houx lui confère toute son originalité locale. La faune contraste aussi et rassemble des espèces peu méditerranéennes largement répandues dans toute l’Europe.

Au soleil des garrigues

L’opposition, sur toutes les montagnes méditerranéennes, entre les écosystèmes des adrets (face sud) et des ubacs (face nord), est systématique.

Cette balade en face sud de Sainte-Victoire vous entraîne à la découverte des écosystèmes de milieux secs et exposés, très caractéristiques de la Provence. Ici  pelouses, garrigues, éboulis, falaises et rocailles cohabitent. Tous ces habitats naturels jouxtent la riche plaine où les  multiples activités agricoles régressent au profit de l’urbanisation.

 

Acte III : la montagne se transforme

 

Immortalisée par un peintre de génie, Sainte-Victoire n’est pas qu’un motif figé par l’artiste. C’est un motif vivant, animé, qui change et se transforme inlassablement depuis que le maître aixois l’a couchée sur la toile.

Fort de sa notoriété, ce patrimoine naturel a été souvent convoité et bien des projets ont menacé de le défigurer. Il suffit pour s’en convaincre de comparer les vues des espaces où les campagnes agrestes peintes par Cézanne sont devenues au fil du temps des zones urbanisées.

Il faut donc préserver cet environnement d’exception pour que le motif du peintre garde son intégrité.

 

« Immortalisée mais vivante »

A l’époque de Cézanne

Au-delà de l’archétype de paysage provençal immortalisé par Cézanne, les paysages ne sont pas figés, ils se transforment, ils changent, ils sont vivants…

 

« Vivante et convoitée »

De la déprise agricole à l’emprise résidentielle

Les paysages évoluent sans cesse dans une dynamique entretenue par : les faits accidentels tels que l’érosion des sols, les catastrophes naturelles, les incendies de forêt…, et les effets de l’occupation humaine déboisement et défrichement, viabilisation, habitat et mitage de l’espace.

 

« Convoitée et sensible »

Les sites à enjeux paysagers

Bien qu’unique, le paysage de Sainte Victoire est composé de différents sites remarquables aux enjeux paysagers.

 

Un siècle de mutations raconté au travers d’une fresque commentée.

 

Une vidéo projection composée d’images d’archives, de prises de vue, de données cartographiques et de photos extraites de l’observatoire photographique du paysage pour évoquer les évolutions du paysage …

 

LA VERSION ITINÉRANTE DE L’EXPOSITION

Elle est constituée des éléments suivants :

En extérieur : la montagne en vues

Les toiles sont des compositions graphiques qui associent les oeuvres de Cézanne, les photos de John Rewald et de Pavel Machotka, avec des images des sites d’aujourd’hui issues de l’observatoire photographique du paysage du Grand Site Sainte-Victoire.

En intérieur : la montagne à nu

Les éléments de présentations sont pour l’essentiel issus de la version complète du muséum. Les audiovisuels et infographies sont présentés sur des postes de consultation. La découverte interactive de la Sainte Victoire est également sur un poste de consultation avec commande de type « souris ».